L'ATELIER 75
Pour faire suite aux mails que j'ai reçu et où vous êtes nombreux à me demander comment on peut éclaircir des zones trop noircies sur des pièces enfumées, j'utilise de l'eau de javel, c'est imparable sur terre polie. J'ai découvert cette astuce en m'intéressant au travail de N. CHAMPY. (Cf. Revue de la céramique et du verre N°119 juillet/août 2001).
Comme rpomis, je reprends du service en ce dimanche pour venir vous parler à nouveau de la cuisson à la sciure ou enfumage, cuisson la plus primitive d'entre toutes. Le moins aisé est de pouvoir la maîtriser. Faute de cela, il y a deux ou trois petites choses à savoir. Je vous fais part ici uniquement de mon expérience personnelle et vous ne trouverez là ni secret ni recette. D'autres ont exploité les enfumages avant moi et pourraient également vous soumettre des tas de compte rendu de leur expérience.
Je souhaite par cet article partager cette expérience en vue d'aider les débutants mais aussi en vue de me perfectionner par les votres.
Il apparaît que plus le tesson est poli, plus l'enfumage viendra se fixer jusqu'à obtention d'un noir profond (polissage : sous ou sur engobe, à la cuillère, au couteau, à l'agathe, au galet, au chiffon doux, à l'huile etc......). Les terres dites "poreuses" offrent les plus beaux enfumages.
Paille ou foin humide pressé contre la pièce à l'aide de briquettes : obtention de traces très nettes laissées par la paille, révélant un noir très puissant.
Boulettes de papier mouillé disposées dans le bidon : obtention de vapeur d'eau qui aidera à une meilleure diffusion des fumées.
Aiguilles de pin, bois exotiques : pour l'obtention d'un noir fort.
Papier journal : obtention de gris noirâtres très intéressants sous une patine à la cire.
Remplacement du lit de sciure dans le fond du bidon par un lit de sable ou des briques : garde la parite qui y repose nette d'enfumage.
Idem avec des galets irréguliers dans le fond du bidon : l'oxygène va passer dans les creux et déposer du noir de fumée seulement aux endroits non en contact, obtention de jolies "tâches".
Réserves sur les pièces : à l'aide de bande-cache. Les parites réservées ne prendront pas la fumée, la bande ne se consumant que très lentement. Après avoir posé les réserves, on peut enduire la pièce de boue, j'ai obtenu de jolis marron-noir.
J'espère vous avoir intéressé au sujet et j'attends vos commentaires avec impatience.
Vous pouvez me laisser un e-mail si vous désirez vous exprimer au sein de ce blog, il sera diffusé vendredi 14 avril 2006.
J'expériment, depuis près d'un an, l'enfumage de mes terres réalisées en argile de Provence ou en grès d'Irak.Après avoir poli les pièces destinées à être enfumées et suite à une première cuisson en four électrique, j'utilise le procédé dit de la cuisson à la sciure dans un bidon métallique que j'ai préalablement percé à plusieurs endroits afin qu'il y ait un léger débit d'air lors de l'enfumage. J'y dépose environ 15 cm de sciure sur lesquels vont reposer les premières pièces sans qu'elles ne se touchent. J'utilise tantôt des bandelettes de papier journal que je trempe dans de l'eau très salée et dont j'entoure les pièces à certains endroits, de la paille ou de grosses boulles de papier journal afin d'"habiller" les terres de lustres pouvant aller du noir au gris noir, qui mettront une touche finale au modelé desdits objets, puis je recouvre la totalité d'environ 30 cm de copeaux. Le tout est recouvert de cagette et de papier journal et enflammé dans l'attente d'un braise assez dense ; à ce moment là seulement, je couvre le bidon d'une plaque de tôle en prenant soin de ne pas obstruer totalement l'ouverture.
La durée de l'enfumage peut varier de 7 à 24heures, selon divers facteurs qui feront l'objet d'un prochain article.La vérification d'une bonne combustion à l'intérieur du bidon est primordiale. Les pièces sont retirées dès lors que sciure et copeaux se sont totalement consummés, puis posées sur le sol (plane de préférence) afin que leur refroidissement s'effectue. Elles sont ensuite lavées sous l'eau afin de les débarasser de tout résidu noirâtre.
Si le sujet vous intéresse, n'hésitez pas à laisser vos questions ou suggestions afin que je puisse faire évoluer le sujet au sein de ce blog.
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